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DE LA VILLE DE PARIS.
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pouvons pour le present avoir plus à propos que de vous, vous pryant, suyvant ce que je vous en ay escript et faict entendre par mon cousin le mareschal de Brissac, faire repparer celles dont vous nous vouldrez ayder pour cest effect,.et vous commoder aux choses dont nous avons besoing de vous, suyvant ce que vous en dira de nostre part led. sr mareschal et le sr d'Estrez'1', qui s'en va par delà pour haster
les preparatifz estans necessaires, ny perdre une seulle heure du temps, affin qu'il y aict tant moings de difficulté, et en avoir la raison; priant Dieu, Mess™, vous avoir en sa garde.
«Escript à Mellun, le viii0 jour de Juillet v° lxii.»
Ainsi signé : KATHERINE. Et au dessoubz : de L'Aubespine.
CCVIII. — Lettres de monseigneur le Mareschal de Brissac
22 juillet 1562. (Fol. 159 v°-)
Charles de Cossé, conte de Brissac, mareschal de France, Lieutenant general pour le Roy en la ville de Paris.
r A messieurs les Prevost des Marchans et Eschevins de la ville de Paris, salut. Comme pour la conser­vation, garde et seuretté de lad. Ville et police d'icelle, nous avons faict cy devant dresser plusieurs mé­moires et articles, la pluspart desquelz nous avons envoyé au Roy et à messieurs de son privé Conseil, lesquelz auroient sur chascun d'iceulx declairé le voulloir et intention de Sa Majesté, et sur les autres aurions pourveu selon l'exigence des cas et necessitté des affaires; neanlmoings estans encores necessaire pourveoir et donner ordre aux tumultes, esmotions et assemblées populaires W qui surviennent en lad. Ville et pourroient encores de jour en jour survenir, au prejudice et dommaige des particulliers habitans en icelle,du repos ettranquillittéde l'estat publicq, nous pour ces causes et autres ad ce nous mouvans, avons prohibé et deffendu, prohibons et deffendons à tous hostelliers, taverniers, cabaretiers ou autres
personnes, de quelque qualité et condition qu'ilz soient, tant de la Ville que des faulxbourgs, de ne loger, recepvoir, ne retirer en leursdictes hostelle-ries, maisons, chambres ou autres lieux aucunes personnes suspeetz, sur peyne de en respondre en leurs noms et d'amende pecuniaire et punition cor­porelle, et enjoinct ausd, hostelliers sur pareilles peines de venir, suyvant les ordonnances cy devant faictes, par chascun jour vers les cappitaines des Dixaines, chascun en son regard, dire le nom et surnon des hostes, tant de pied que de cheval, qui viendront loger et se retireront en leurs dictes hos-telleries, tavernes, cabaretz ou maisons, les lieux dont ilz viendront et où ilz vont, les occasions et affaires qui les admennent en cestedicte Ville, de quelles armes ilz sont garniz, et d'icelles armes se saisir par lesd, hostelliers et autres à l'entrée ct venue desd, hostes, et icelles armes enfermer songneuse-ment et seurement, ct ne les rendre esd. hostes sinon quant lesd, hostes partiront et sortiront lad. Ville, et par le commandement du cappitaine de la Dixaine
sévir contre les auteurs de la sédition, et «d'y employer une bonne force pour les faire chastier à bon essientn. Malgré ces me­naces, les habitants de Meaux obtinrent des lettres d'abolition; comme on n'y eut aucun égard, Charles IX donna ordre, le 2 5 août, au Parlement, de discontinuer toutes poursuites. (Archives nationales, Parlement de Paris, X" i6o3, fol. 11 r°, 3g r°, 36o r°.) Le 25 novembre, le Roi invita M. de Boisy à faire mettre en liberté quatro habitants de Meaux, "convaincus d'estre coulpables de la rupture des images- et condamnés aux galères, accordante cet égard un pardon général. (Lettres de Catherine de Médicis, t. I, p. 437.)
(■) Jean d'Estrées, marquis de Coeuvres, grand maître de l'artillerie par lettres du 9 juillet i55o, décéda cn 1567.
(2' Dès le 4 juillet, le Parlement, désireux "d'obvier aux esmeuttes et séditions populaires», devenues très fréquentes à Paris, enjoignit à Nicolas Luillier, lieutenant civil de la Prévôté, à Claude Ruhentel, lieutenant conservateur, à Martin de Bragelongne, lieutenant particulier civil et criminel, et à Thomas de Rragelongne, conseiller au Châtelet, de parcourir chaque jour les quartiers de la ville, accompagnés des commissaires au Châtelet, et de punir promptement les séditieux, sans autre forme de procès; les capi­taines des Dizaines et leurs hommes devaient prêter main-forte aux magistrats de la Prévôté pour l'accomplissement de cette mission. Le 23 juillet suivant, sur le réquisitoire du procureur général, le lieutenant de Bragelongne et son frère furent mandés par'la Cour et invités à communiquer le résultat des enquêtes et diligences faites par les officiers du Châtelet à l'encontre de ceux qui fomentaient journellement des séditions et troubles, entravant l'action de la justice, commettant "infinies insolences, traînant les corps des executez aux voiries et rivière avec irision et illusion,- ce qui se passa notamment le 31 août, lors de l'exécution de Gabaston, che­valier du guet. Pour rendre la surveillance plus efficace, le maréchal de.Brissac s'avisa, le 11 juillet, d'envoyer tous les jours aux portes de Paris alternativement l'un des membres de chacune des cours souveraines, Parlement, Chambre des Comptes et Cour des Aides , qui auraient plus d'autorité que les chefs des Dizaines et retiendraient plus facilement dans le devoir les jeunes gens chargés de la garde des portes. (Arc4it.es nationales, Parlement de Paris, X" i6o3, fol. 18 v°, 101 r°, 143 v°.)
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